mardi 30 novembre 2010

Chronique BD: Zik et BD

Il commençait à être temps qu’un album de ce type sorte enfin au Québec ! Étant habitué au compil BD de l’ami Brassens, de Brel, de Dutronc ou Thomas Fersen, j’ai sauté sur celui là. C’est un beau livre, le choix des chansons est intéressant, certains dessinateurs manquent à l’appel et nous aurions pu nous passer du travail de graphistes qui ne sont pas bédéistes quoique illustrateur. J’aime aussi l’annexe à la fin qui permet aux néophytes de connaître tout ceux qui font partie de Comme toute compilation, il y a des hauts et des bas.
Une chanson de la féminine cœur de pirate par le trait masculin de Denis Rodier ça donne un mélange très réussi, succin mais efficace.

Jimmy Beaulieu dessine des femmes habillés dans la chanson la plus érotique d’un de mes groupes préférés : Malajube

Zviane traite absurdement une chanson absurde des trois accords. Ça ressemble à une poutine sur laquelle on rajouterait une bonne couche d’huile d’olive. Dommage, son dessin est vachement beau.

Vincent Giard cerne l’essentiel de M’accrocher de Loco locass, probablement la meilleure chanson du trio. Le bédéiste traite le texte avec une sauce très actuelle, ponctué de dessin, de page d’ordi et gribouillis de cahier de note. C’est tellement beau en même temps que c’est si grave.

Wayne Shelton choisi une chanson de Mes aïeux qui est en fait une histoire donc c’est probablement le plus BD de tous ces duos.

L’excellent Pascal Blanchet pèse trop fort sur la pédale du « foncé » et nous fait perdre la beauté de son trait.

Grands absents : Karkwa, Philippe Girard, Leif Tande et Vincent Vallières

Évidemment, les éditions de l’Homme, grande bannière Québécor n’hésite pas à ploguer largement le mot ZIK dans le titre pour nous rappeler que nous pouvons acheter tous ces titres chez eux, mais bon l’effort est là. La convergence étant efficace, plusieurs petites madames verront le produit à Sapue Bonjour et peut-être gagnerons-nous quelques fans de BD dans cette triste population qui vote si mal.

mercredi 17 novembre 2010

déjà Noël

Je donne un atelier en Bande dessinée à l'école de mon fils en décembre, je voulais leur remettre une BD à colorier et leur montrer les étapes. Voici le final.

lundi 15 novembre 2010

Chronique BD: Orbital

Voilà une bande dessinée de pure science fiction. Dans un futur éloigné, deux agents de l'ODI d'espèce différentes, un homme et une Sandjarr, font équipe afin de régler des conflits diplomatiques entre des espèces extraterrestres. Souvent, il s'agit de problème avec la pire espèce de l'univers, les belliqueux, irrespectueux et polluants humains. Le scénario de Runberg est truffé de critique sociale à peine déguisé contre les travers de l'homme, de situations délicates, de double sens de lecture à plusieurs niveaux; digne d'Azimov, Dick et compagnie!
La série est divisée en diptyque tout comme les Largo Winch. Puisque Ravage est un tome pair vous pouvez l'acheter sans attendre le prochain. Il est intéressant de voir qu'il y a une constance de couleur sur les couvertures, les tomes impairs sont bleutés et les pairs sont plus brunâtres.
Dans ce deuxième diptyque, la terre veut faire un pacte de paix avec une civilisation qu'elle a presque anéanti quelques génération plus tôt. Les deux peuples de nos deux héros sont donc en avant plan. Notre duo d'agents doit s'assurer du bon déroulement de cette cérémonie avec tout le bagage émotif qu'ils transportent. Les émeutes sont sur le point d'éclater, les préjugés contre les extra-terrestres sont difficiles à étouffer, la tension monte et le jour J arrive...
Côté illustration, il est difficile de sortir du code que Lucas a imposé en science fiction mais, Pellé s'en sort très bien, ses extra-terrestres sont originaux et ses décors enchantent par leur réalisme. Les vaisseaux spatiaux sont remplis de petits détails qui laissent croire que la machine existe vraiment. Mais sa force se situe davantage dans sa capacité à dessiner le mouvement. Ajoutons à ceci un découpage très énergique et vous avez un rythme endiablé lors des pages d'action. Ce quatrième tome nous laisse sur un fin ouverte inquiétante, il faudra attendre encore un an pour ce délecter d'un nouvel Orbital.

vendredi 12 novembre 2010

chronique BD: Scott Pilgrim

Comment expliquer rationnellement un coup de cœur ? Je ne le sais pas. J’aime Scott Pilgrim parce que cette BD me fait le même effet que lorsque j’ai découvert Naniro Inko ou Blackjack de Tezuka. C’est une lecture légère et agréable sans toutefois être facile. C’est une gâterie qui ne tombe pas sur le cœur. Est-ce la présence improbable de combats de ninja, mêlés de musique punk avec une bluette d’amour qui rend cette histoire si séduisante ? Je ne saurais dire. Mais j’avoue prendre un plasir fou à lire les histoires de ce Canadien à un tel point que je les ai achetées en anglais, trop impatient pour attendre les traductions des quatre derniers épisodes. Le film sortira bientôt en DVD et je ne crois pas le louer, de peur d’être déçu ou de briser la magie. Puis-je vous le conseiller ? Je ne le sais pas, je crois que c’est trop personnel. Mais je ne pouvais pas ne pas en glisser mot. Voilà c’est fait.

jeudi 11 novembre 2010

mercredi 10 novembre 2010

Chronique BD: à la faveur de la nuit

Je l’avoue, lorsque mon libraire m’a tendu l’exemplaire de Jimmy Beaulieu, à la faveur de la nuit, qu’il avait gardé pour moi (La saligaud, il savait que je l’achèterais !). J’ai pensé, voilà un recueil de dessins de lesbiennes, Jimmy se paye un trip.
Je fus agréablement surpris ! Bien qu’il y ait du réchauffé pour les rares, mais heureux lecteurs de colosse, Jimmy a su faire prendre le ciment entre toutes ces historiettes. Son dessin en couleur est riche. L’auteur sait bien équilibrer ses planches. Juste assez pour offrir un emballage esthétique de haut niveau, mais pas trop pour que ça reste léger et digeste. Au scénario, il y a un fil conducteur qui nous garde en haleine, des dessins où l’on sent que l’auteur s’amuse, on sent la vivacité du trait et une finale intéressante, ajoutons des annexes anecdotiques enrichissantes qui invitent à la relecture, je referme la quatrième satisfait, voire comblé. Même si parfois les mains baladeuses ont la tâche facile en ne rencontrant aucune résistance, on ne peut se plaindre des scènes de sexes, on est un public averti !

Chronique BD: Vogue la valise

Enfin Siris nous sort une BD à son goût. Siris, tout comme des Leif Tande ou de Philippe Girard est un artiste qui a su trouver son identité graphique, sa signature du dessin si j’ose dire. Son personnage de la poule est énigmatique, mais le fait qu’il soit le seul non-humain de ce récit l’humanise encore plus puisqu’on peut lui mettre n’importe quel visage connu afin de s’attacher encore plus à son sort. Vogue la valise est en quelque sorte une autobiographie romancée de la vie du bédéiste. On y apprend les déboires, c’est le cas de le dire, d’un famille nombreuse vivant avec un père alcoolique. L’auteur s’y livre sans pudeur dans un récit dramatique digne des Marie Laberge ou des Arlette Couture de cette province. C’est là toute la force de ce pavé de plus de 120 pages, une histoire triste où le héros ne s’en sort pas, où l’on continue d’espérer en vain. C’est d’une originalité désarmante dans ce monde très joyeux de la Bande Dessinée. Évidemment, les éditions La Pastèque nous offre une facture impeccable avec cet objet que l’on laisse traîner simplement parce qu’il est beau et qu’on est fier de l’avoir lu avec l’espoir de pouvoir le conseiller à quiconque passerait chez nous.

samedi 6 novembre 2010

Pensées matinales


Chronique BD: Spirou t. 51


Ceux qui me connaissent savent que mon reporter préféré en BD n’est pas Tintin, mais Spirou. Alors qu’on reprenne les aventures de Spirou et Fantasio après un album 50 très discutable, je ne peux qu’être heureux. Ceux qui nous avaient offert les Géants pétrifiés arrondissent leurs traits et se plient à un graphisme et à des tempéraments plus conformes pour entrer dans la légendaire série. On reprend Zorglub le maladroit malintentionné, Champignac et les Champignaciens et évidemment nos deux héros accompagnés de leur rongeurs puisque le Marsupilami (Ai-je seulement le droit de prononcer son nom sur mon blog ?) ne peut plus y être. L’histoire est bonne, le suspense présent, de l’aventure pure et dure, les blagues sont fines et bien placées un vrai bijou. Le dessin de Yoann, que j’avais adoré dans la voleuse du père Fauteuil, est très vivant. Son trait anguleux et ses cases bien pleines donne une densité menaçante à cette jungle en mutation.Bref, après l’avoir lu, je suis non seulement heureux, mais rempli d’espoir pour les prochaines aventures, reste à espérer que la maison Spirou prenne soin de ces deux auteurs…

Chronique BD: Lucky luke


Étant ardent chevalier défenseur de la bande dessinée dans son milieu, je ne peux voir qu'avec un bon oeil le nom de l'illustre Daniel Pennac sur la couverture d'une Lucky Luke. Personnellement, j'ai préféré les romans de Benacquista, surtout Saga. Mais chagrin d'école et Comme un roman de Daniel Pennac devraient être une lecture obligatoire pour tous les enseignants du Québec. Ces deux auteurs connus, je l'espère, amènerontde nouveaux lecteurs du côté sombre de la littérature, ou si vous voulez en bande dessinée. Mais revenons à notre cow-boy, Lucky Luke contre Pinkerton est digne du duo Morris-Goscinny! (J'exagère un peu , mais à peine!) C'est bien écrit, c'est drôle, l'intrigue est présente. Les blagues qui reviennent sont bien placées et utilisées judicieusement, bref un pur délice. Le sympathique Achdé dessine très bien, utilise les classiques de la série comme les ombres chinoises, les plan en couleur unique et l'économie de décor lorsque possible. Il réinvente quelques gueules, qui semblent parfois être trop typées, mais d'un autre côté, il ne peut toujours dessiner les même habitants. Je suis donc bien content que les petites madame amatrices de grande culture et les bons vieux fans, tout comme les jeunes puissent se régaler de cet épisode fort divertissant.

triste Hallowen