mardi 13 mars 2012

chornique BD du mercredi: Louve

Lorsque j’ai terminé l’université, je ne lisais que de la BD jeunesse, du gros nez. Il n’y a pas de mal à lire Franquin, Morris, Schulz et autres Uderzo du genre ! Lors d’une soirée, un bon copain m’a parlé de BD adultes et aux dessins réalistes. Cet été là, il m’a fait lire tout XIII, tout Jérémiah, tout Les tours du bois Maury et tout Thorgal. J’avoue avoir gardé pour ces séries un attachement particulier.
Thorgal est une bonne série, bien que les albums entre 22 et 30 laissent à désirer, bien que la bonté de ce héros est parfois exaspérante, ça reste une série marquante. Comme la mode le demande, Le vicking venu des étoiles n’échappe pas aux «spin-off ».
Louve est la fille de Thorgal, cette dernière, tout comme Yakari, a la faculté de communiquer aux animaux. Son père étant parti à l’aventure, son frère aussi, elle se retrouve seule avec sa mère et se rebelle face aux habitants de son pas-si-paisible village. Elle se sauve en forêt et tombe sur ? Une louve ! Bravo ! S’ensuit une série de rebondissements à caractère fantastique parfois un peu trop poussé. Yann, scénariste émérite respecte bien l’œuvre originale, c’est peut-être même le problème puisqu’on y sent une certaine redondance.
De son côté, Surzhenko, marche aussi des les traces de Rosinski qui d’ailleurs illustre la couverture. Son dessin en noir et blanc coloré par Graza est identique aux albums d’Avant la couleur directe pour les non-avertis. Les expressions, les scènes de combat autant humaines qu’animalières sont d’une justesse étonnante. Le visage de Louve est souvent évocateur. C’est de l’excellent travail.
J’ai aimé lire ce tome, j’ai passé un agréable moment en toute naïveté. Je me suis laissé bercer par l’histoire. Avec du recul, l’analyse de cet album m’oblige cependant à y trouver quelques faiblesses et à avouer que si vous voulez découvrir Thorgal, le cycle de Qâ restera toujours la meilleure porte d’entrée.


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lundi 27 février 2012

chronique BD: Asterios Polyp

Je déclare officiellement que j'ai terminé ma pile à lire! Qui l'eu cru? Mis à part l'intégrale Rombaldi de Lucky Luke que je me garde comme petit remontant, Astérios Polyp était ma dernière BD à lire. Je me la gardais pour un moment privilégié afin d'en profiter.

Astérios Polyp figurait parmi les BD en lice au grand pris d'Angoulème 2011. Son côté académique, voire quasi didactique et son prix, plus de 40$, me rebutait. Voilà que le bouquin en question est enseigné dans le collège de mon beau-frère un rabais m'est proposé, j'hésite... Bref, je l'ai reçu pour Noël.

Alternant le passé et le présent, l'auteur américain, David Mazzucchelli, raconte l'histoire d'amour et la déchéance d'un homme de haut statut. L'intelligence du récit, la complexité des relations entre des personnages bien campés, ficelés au quart de tour donne l'impression d'avoir lu un grand roman. les personnages secondaires étant suffisamment crédible, on peut tenter de deviner leur réaction et leurs avenues en devient d'autant plus surprenant. Sans être racoleuse, ni trop "américaine" la fin rassure logiquement le lecteur.

L'illustration est un coup de poing au visage. Très académique comme je le disais plus haut, l'auteur maximise les couleurs, la typographie, le style de dessin, l'emplacement des cases. le seul défaut que je pourrais y trouver c'est que dans toute cette richesse, j'ai peur de manquer quelque chose, un détail, un clin d'oeil, une signification annonciatrice. Lorsque le héros et sa copine se distance par la différence de leur propos, non seulement ils changent de couleurs, mais lui, architecte devient un plan de lui même en pièces détachés, à l'angle mesuré, tout bleu, froid. Elle, l'artiste devient rouge, gêné, gribouillée. Les métaphores de ce genre sont nombreuses et sans être subtiles, n'agacent pas la lecture. Au contraire, les changements se vivent comme des transformations animées.

Il s'agit ici d'un livre qui mérite une seconde lecture afin de comprendre tous les niveaux graphiques et la force des liens entre l'image et le texte. Je suis certain que de petites lumières s'allumeront et me feront apprécier davantage ce cadeau que j'aime déjà. Merci Carl et Mélanie.

mardi 21 février 2012

Chronique du mercredi Légende de la Garde

Encore un retour de ce club BD… On fait notre mieux en absence de bibliothèque et de carte de crédit illimitée ! Un des membres m’a prêté cet ovni tout ce qu’il y a de plus intéressant !

Le style et le ton sont très sérieux. On parle d’une Garde, une confrérie de soldats, chevaliers, liés pour défendre le bien. Trois membres, plus nobles, doivent résoudre un étrange mystère qui les mènera vers des plans volés menant à une haute trahison. Anciennes rivalités, mouvement sectaire, ennemis diaboliques, cette fresque romanesque, voire chevaleresque est menée à grand coup d’épées par des souris. Oui oui, des souris! Pas des hommes avec des têtes de souris, des vraies souris, vivants dans les sous-bois craignant les reptiles et autres prédateurs. Ce décalage est surprenant, agréable et n’empêtre pas la fluidité du récit. C’est une joyeuse surprise!

Les illustrations du scénariste américain David Petersen sont remplies de traits hachurés, de zones de noir qui donnent une impression de stress de survie à un récit déjà axés sur une menace. Les couleurs opressent, le rouge est omniprésent dans la denière quête sous la pluie. De plus, chaque chapitre débute par des gravures médiévales, un paragraphe de mise en contexte, parce qu’à l’origine ce fut publié en feuilleton, et une loi ou un principe qui guide les membres de cette Garde droits et justes. J’ai un coup de cœur pour les armes et les armures de ces petits rongeurs, qui graphiquement s’ajustent au contexte graphique et narratif des LÉgendes de la Garde.

Il est rare que je commente des albums parus depuis aussi longtemps, mais cette découverte m’apparaissait incontournable.


Acclamons les braves et les preux!
Comme chacun le peut
Chacun luttera
Mais la Garde vaincra!

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dimanche 19 février 2012

Chronique BD : Escobar, le dernier Maya

Lors de ma mensuelle réunion d'amateurs de BD du mois de juin. Nous nous sommes prononcé sur les bilans des meilleurs ventes, les succès critiques, bref la palmarès connus ou moins. Quelques uns de mes copains trouvaient étrange qu'on ne retrouve Escobar nul part.

Escobar, c'est l'histoire d'une race ou d'une créature presqu'indestructible qui appuie une cause en mettant sa particularité à profit. Scènes de combat, de fusillade, s'entrecoupe de discussions de café entourées de serveuse pulpeuse. Dans ces mêmes discussions, un personnage secondaire aux intentions ambivalentes, semi-alcolo, arnaqueur de touristes s'avère être plus profond qu'on ne le pensait. Mais sinon, côté scénario, c'est relativement prévisible. Rien de neuf sous le soleil.

Au dessin par contre c'est très dynamique. La bête entre autre est mystérieuse à souhait. Escobar étant un descendant Maya, les décors de jungle et d'anciennes cités sont splendide. Le mouvement est aussi un point fort des dessins de Louis. Le monstre, appelé El diablo Negro, bouge incroyablement vite et on sent ce pouvoir, cette vitesse.

Je comprends maintenant que ce tome ne figure pas dans la liste des 100 albums de l'année et le tome 2 ne figurera pas dans la liste des albums que je lirai. Ce club a l'avantage de nous faire échanger nos coups de coeur, mais pas toujours de les partager.

mardi 7 février 2012

Chronique Bd du mercredi: Chronique de Jérusalem

Bien que je n’aie pas une pile à lire (PAL) aussi longue que mon brillant blogueur de copain PG Luneau, j’ai toujours quelques titres en attente. Parfois, un détail comme la nomination à Angoulème de BD de l’année, fait en sorte que des bandes dessinées se retrouvent plus vite sur le dessus de la pile.

J’adore le trait de Guy Delisle. Si efficace et si simple. Le visage de son héros, lui même en fait est tout simplement un hexagone irrégulier, six traits, c’est fait, c’est joli. Il peut y passer une gamme d’émotions crédibles d’un seul coup de crayon. J’aime aussi ses décors qui sont un point d’encrage du récit. On lit du Delisle pour voyager, il faut voir du paysage ! Son dessin minimaliste respecte bien les proportions et donne une idée juste de l’endroit où il vit. Accompagner le tout de quelques plans explicatifs et le tour est joué. Cette fois-ci, nous avons en plus droit à la couleur qui substitue sans trop d’éclat les palettes de gris des autres albums. Sans être nécessaires, elles sont agréables.

Personnellement, j’ai mieux aimé les chroniques Birmanes et l’incontournable Pyongyang
Pour les simple raisons que voici. Tout d’abord, le contexte religieux trop lourd de Jérusalem et la complexité des relations entre toutes les communautés. Serait-il possible que la fragilité et la susceptibilité des peuples entourant Jérusalem est freiner la narration habituellement plus ludique du bédéiste voyageur ? En second lieu, la diminution des histoires plus anodines, les petits riens du quotidien, les endroits où manger, m’ont manqué. Ces futilités, souvent drôles, donnaient du corps à l’album. J’en aurais pris davantage bien que les visites au Zoo m’ont amusé.

J’ai lu plusieurs BD en lice dans la compétition officielle, il m’aurait été difficile de trancher entre Habibi, Atar gull, Doomboy et Chroniques de Jérusalem. Chose certaine, celle-ci méritait sa place dans la sélection officielle. La meilleure ? Le jury a choisi !
C’est mercredi ! Visitez les blogueurs BD de la bande à Mango.

dimanche 29 janvier 2012

Chronique BD : Magasin Général

François Lapierre, le coloriste, remercie en dédicace Loisel et Tripp de lui offrir à chaque année, le plus joli album à colorier. C’est un peu drôle, mais c’est essentiel, dans le sens où l’essence même de l’album est là, dans les couleurs, douces joyeuses, vraies, réconfortantes.

La technique est connue de tous, Régis Loisel crayonne, jean-Louis Tripp encre, donnant un dessin qui est autre que leurs propres traits respectifs. Lapierre se dépasse en donnant une touche magique, exacte avec des couleurs magnifiques. Jimmy Beaulieu, homme à tout faire de la BD québécoise, s’assure que les dialogues sonnent bien Québécois. Ils ne sont peut-être pas assez terroirs, mais il faut laisser une chance à nos amis Européens !

Dans ce septième tome d’une série qui devrait se terminer bientôt, Marie revient à Notre-Dame-Des-Lacs, riche et changée de son expérience à Montréal. Sa nouvelle liberté, cette légèreté, sera un signe marquant de l’album où comme d’habitude, il ne se passe pas grand-chose. Mais on sait à quoi s’attendre, avec Loisel surtout, il est question d’ambiance, de ressenti, d’émerveillement du quotidien. J’avais décroché vers les tomes 3 et 4. Au tome 5, j’ai compris qu’en ces temps-là au Québec, tout était lent et les petits riens avaient des allures de grands évènements. Ici encore, le duo singulier nous montre des pages, surtout des cases qu’on pourrait juger inutiles, elles sont des marqueurs du temps qui passent.

Charleston est le titre tout indiqué pour une BD où l’on voit tant de gens danser, où l’on voit le jeu musical de la séduction. Quelques éléments nous sont distillés, entre autre une possible relation pour Serge?

Bref, se dégage de ce livre un réconfort, un plaisir, une impression que la vie peut nous donner des plaisirs si on en profite. Comme par exemple, lire cette BD assis dans un café un dernier midi de semaine.

mercredi 25 janvier 2012

Chronique BD: 3 secondes

Lorsque je suis de passage à Montréal, à quelques 800 km de chez moi, je m'arrête toujours chez Planète BD. François, probablement un des meilleurs conseillers en BD au Québec, me suggère toujours une bonne lecture. Je ne voulais pas lire 3 secondes, plusieurs blogueurs me l'avaient déconseillés, mais François m'a dit qu'il fallait que je le lise, je l'ai acheté.

3 secondes n'est pas vraiment une BD, c'est une expérience graphique narrative. Une série de dessins qui ricochent dans tous les sens avec une intention précise pour nous montrer une moment x dans un endroit x. C'est un travail académique d'un bédéiste de grand talent. On lit une première fois pour vivre l'expérience , une deuxième fois pour apprécier les dessins si précis et riches de Marc-Antoine Mathieu et plusieurs fois après pour tenter de comprendre l'intrigue, de saisir tous les petits détails graphiques laissés précisément pour les spécialistes que nous sommes.

Suis-je satisfait de mon achat? Oui. Ai-je l'impression d'avoir lu une BD? Non. Ceux qui avaient aimé Dieu en personne ne s'y retrouveront pas. Ceux qui avaient adoré les prouesses artistiques quasi-mathématiques du Dessin retrouveront, à moindre échelle, cet éclair de génie. L'auteur s'es fixé un défi difficile, intéressant et il nous le partage, à nous de le prendre ou non.

mardi 24 janvier 2012

Chronique BD du mercredi: Habibi

Habibi après Blanket? Craig Thompson est un Américain du Wisconsin, un milieu rural entouré de catholiques presqu'extrémistes, son vécu en camp chrétien n'est que la pointe de l'iceberg. Dans son coin, ils votaient Bush. De le voir s'émerveiller devant la culture arabe, l'axe du mal pour nos voisins du dessous, lui si loin de cette réalité, atire mon attention et bonifie sa position d'ouverture sur le monde.



C'est après 7 ans de travail que l'auteur nous livre Habibi. L'histoire d'une jeune femme arabe et d'un jeune noir qui ont un destin très lié bien que sinueux. L'histoire se déroule en parallèle avec des récits de la genèse et des contes de mille et une nuit, accompagné de texte explicatif sur la calligraphie arabe. C'est une belle histoire d'amour et d'amitié, divisée en chapitres qui suscitent l'intérêt pour le prochain.


Graphiquement, c'est l'apothéose! Les décors et les contours des cases sont inspirés des motifs de tapis dignes des grands sultans. La calligraphie arabe se transforme tantôt en serpent, tantôt en rivière et le texte s'entremêle aux illustrations et je ne parle pas encore du dessin. Craig Thompson possède un trait d'une efficacité rare. Simplement les regards des deux personnages valent le détour. Une panoplie d'émotions passent entre leur yeux. Les décors de désert, de bidonville et de palais sont merveilleux. Je me suis permis de numériser une page, bien que j'avais peur de briser mon livre, mais pour vous...


Bien que cette brique de plus de 700 pages coûte plus de 40$, cet objet d'art vaut la peine. Non seulement c'est joli, mais c'est bon.


Voyez d'autres suggestions de BD avec le mercredi Bd de Mango.

mardi 17 janvier 2012

Chronique Bd du mercredi: Siegrfried

L’attente fut longue mais elle valait tellement la peine. La trilogie d’Alex Alice sur le célèbre et inépuisable opéra de Wagner prend fin avec ce tome magnifique, le crépuscule des Dieux.

Ce n’est pas pour rien que le dessinateur a pris du retard, le monde du cinéma a constaté son grand talent de metteur en scène. Sa BD est construite à mi chemin entre l’opéra et le cinéma tout en cadrant dans le médium narratif qu’est la BD. L’ouverture du début, les quelques pages avant qu’il nous happe de plein fouet avec le titre sur une double page est à coupé le souffle. C’est vraiment beau. Chaque personnage possède son phylactère spécifique. Ce qui permet à l’artiste de ne pas s’encombrer des houppettes, même plus de nous tracer l’itinéraire visuel des personnages par l’entremise de leur discussion. Il faut ajouter que les bulles de Fafnir ou d’Odin leur sont caractéristiques : sombre et solide. Plusieurs cases sont comme des icônes religieux, la lumière et la position des personnages marquent l’esprit. Graphiquement, c’est impeccable, même impressionnant.

On ne peut rendre l’entièrté de l’œuvre originale mais Siegfried donne un bel aperçu et une histoire riche en information sans être barbant autant qu’en action sans tomber dans le comics book de super-héros. Bref un bel équilibre. Mime est encore une fois utilisé pour alléger l’ambiance avec une touche d’humour délicate. Dans l’ensemble nous avons droit à une trilogie enlevante au rythme endiablé. Je n’ai pas pu attendre l’intégrale qui sera certainement un objet cher aux collectionneurs.

L’année part en trombe avec cette finale épique, mais sa date officielle de sortie m’oblige à la classer dans mon top 5 de l’an passé. Une chance parce que dans mon top 5 de cette année, elle aurait perdu un peu de crédibilité…
Mango et ses copains ont d’autres suggestions peut-être aussi bonnes que celle-ci dans les BD du mercredi… À lire !

Les 3 passoires

Plusieurs connaissent les 3 passoires de Socrate. Voilà une version BD.