mardi 16 août 2011

Chronique BD: Apnée

Le murmure des libraires et blogueurs du Québec n'avait que ce titre à la bouche, Apnée de Zviane. Arrivée deuxième au Bédélys d’Or du Québec, la jeune prof de musique publie en quelque sorte son premier album. Quelques millimètres et la plus jolie fin du monde étant des versions papier de son excellent blog. J’avais adoré ses histoires gagnantes au concours Glénat Québec, Apnée était donc une lecture très attendue. Peut-être trop ?
Apnée est l’histoire d’une fille qui remonte difficilement d’une dépression. L’image est belle. Si on omet la faune et la flore aquatique, l’impression d’entre enveloppé, de respirer difficilement est une belle comparaison entre le sport et la maladie. Zviane n’a pas choisi de moments dramatiques, de pointes d’émotion ou de crises de larmes suivies de discussions semi-pédagogique sur la dépression. Elle utilise ce qu’elle sait le mieux faire, l’éloge du quotidien. Car c’est dans les petits moments de tous les jours que la dépression est la plus présente, est la plus douloureuse.Les rencontres avec des gens trop de bonne humeur où celles avec des anciens copains qui ne savaient pas, ces hasards qui sèment des malaises sont très bien représentés.
Il faut dire que depuis sont séjour à la maison des auteurs d’Angoulème, la jeune bédéiste a travaillé son trait. Son ancien style de dessin instantané, qui débordait de joie et d’énergie sied moins à l’ambiance d’une histoire comme celle-ci. Son choix de ne pratiquement pas dessiner d’œil est stratégique aussi car les regards peuvent parler, mais leur absence aussi. C’est le propre de ce fléau social, crée un grand vide entre les êtres, ils ne se voient plus. La scène d’ouverture d’ouverture où l’on ne voit que ses mains malhabiles sur ces cuisses dans le taxi donne le ton à un livre parlant qui malgré tout, sensibilise à une maladie dont personne n’est à l’abri.
Je m’attendais à un peu plus, surtout que son ma, le début de la chute aux éditions colosse, introuvable maintenant je crois, m’avait tellement marqué… Mais je suis persuadé que cette lecture en vaut la peine, c’est pourquoi j’ai choisie cette dernière dans le cercle de lecture du mercredi de Mango. En plus, chers collègues blogueurs qui êtes plusieurs Européens, voilà une belle occasion de goûter au terroir culturel littéraire du Québec.

mardi 2 août 2011

Chronique BD du mercredi: W.E.S.T.

Lorsque Xavier Dorisson et Fabien Nury s’unissent, le résultat ne peut être que formidable. W.E.S.T., Weird Enforcement Special Team est un groupe de 5 hommes et une femme, chacun ayant des compétences spécifiques, sous les ordres du président Roosevelt. L’aspect far west est très présent et la touche fantastique paranormale rajoute à la série une ambiance qui la différencie des autres westerns.. Dans ce dernier dyptique, le héros, Morton Chapel doit exorciser sa propre fille. Cette mission a un double sens. Cette dernière est possédée du même démon qui a conduit à la mort de sa mère, la fille d’un homme influent dans cette jeune Amérique. Chapel affronte donc ses propres défauts de père, la réticence de son équipe et le désaccord de Roosevelt dans ses méthodes en plus de ce démon qui a ruiné sa vie. Le combat est grand. Dans ses collègues de la W.E.S.T., il est intéressant de voir l’indien catholique, Angle Salvage, opposer son chamanisme à l’expertise psychologique de 1904 de Kathryn Lennox dans la guérison de la pauvre Megan. Le scénario est bien ficelé, même si les finales des deux cycles précédents étaient, selon moi, un peu meilleures.
Christian Rossi, connu pour ses séries historiques fait de celle-ci un chef d’œuvre. À plusieurs reprises, il n’encre pas son crayonné et applique la couleur quand même, laissant des espaces blancs, où habituellement il y aurait du noir et créent des effets brumeux propices aux scènes d'esprit. Il n'hésite pas non plus à dessiner des planches presque muettes où l'émotion est palpable dans les regards des personnages. Lorsqu'il prend 3 cases pour exprimer l'ampleur du mouvement l'effet est saisissant. Ses successions de gros plans, de scènes d'action, de plans d'ensembles et de répliques assassines coulent au long du récit. La relecture de la BD sans lire les phylactères reste agréable puisqu'il joue avec les icônes du western tels pistolets, chevaux, vieilles locomotives et autres éléments d'architecture connus.
Bref, une bande dessinée forte qui ne laisse pas indifférent.

Me voilà donc de retour dans le joyeux cercle de lecteurs de Bande dessinée du mercredi de Mango. Je vous invite à double cliquez sur son nom pour découvrir d'excellentes suggestions de lecture.

lundi 1 août 2011

Chronique BD XII, les treize premiers

Cette série me trottait en tête depuis longtemps parmi ma liste à relire. Étonnamment, je ne les avais pas lu depuis... 13 ans!
Je répète: XIII est un homme retrouvé presque noyé. Une balle à la tête lui a faut perdre la mémoire, il porte un tatou, treize en chiffre romain. Sa longue et dangereuse quête d'identité l'amènera à découvrir les multiples et complexes facettes de son passé. Il s'agit en effet d'une libre adaptation du roman de Robert Ludlum, lui même inspiré de l'assassinat de Kennedy.
J'adore les nombreux revirements de cette série. À Chaque fois que le héros approche du but, ses ennemis, dont le tueur la mangouste, probablement le meilleur rôle de méchant de toute la bande dessinée, arrivent en même temps que lui. Il marche dans le brouillard le plus total. Puisqu'amnésique, tous ses anciens rivaux savent où l'attendre. Il est donc désavantagé, mais sa témérité, ses bons alliés, ses habiletés incroyables et avouons le une chance hors du commun, lui suffisent pour s'en tirer. Le suspense est toujours tendu et les rebondissements sont spectaculaires. L'information sur son identité nous est donnée au compte goutte ce qui, évidemment, oblige à plonger dans le tome suivant. La réputation de Jean Van Hamme est-elle à faire? XIII est une des grandes séries du 9e art, sa place est méritée.
William Vance, illustrateur, est très habile et perfectionniste. De prime abord, je n'aime pas les dessins trop réalistes. Par contre, dans XIII, il n'y a aucune faille. Les décors sont d'une vraisemblance inouï et les personnages sont bien campé. Le général Carrington, entre autre, est un exemple frappant. Sa mise en scène est bonne. Il n'est pas facile de faire passer autant d'informations en BD. Mais ses cadrages et ses alternances scènes d'actions/scènes narratives sont bien équilibrées.

Je me permets un petit guide des 13 premiers XIII.
Tome 1 et 2: Steve Rowland suit la trace laissée par sa femme et va là où va l'indien. Il rencontre deux grands acolytes Carrington et et la ravissantes Jones.
Tome 3: XIII est emprisonné dans un asile où il est condamné à perpétuité...
Tome 4: Devenu Ross Tanner, XIII comprend plus d'éléments dans le complot d'assassinat où il semblerait être le tireur. On apprend où il a été entraîné et le colonel Amos, personnages important, prend plus de place.
Tome 5: Devenu Jason Fly, il crée des liens avec le frère du président assassiné, le nouveau président Walter Sherridan. L'arrivée de la sympathique Betty est dans ce tome.
Tome 6 et 7: Jason Fly remonte dans le passé et apprend que son père, intellectuel de gauche, a été tué par des membres du Klu klux klan. Mes deux épisodes préférés.
Tome 8 Nous apprenons qui sont les collègues de la Mangouste et qui est le numéro 1 de la conspiration.
Tome 9 et 10, Devenu Jason Mac Lane, XIII retourne au Costa Verde où il a déjà joué un rôle dans la révolution, il retrouvera son ex-femme, Maria qui l'a connu sous le nom de Brian Kelly et participera à nouveau dans l'histoire du pays.
Tome 11: Il est question de l'arbre généalogique de XIII, ce dernier apprend que son père, n'est pas vraiment son père...
Tome 12 Enfin le jugement, un règlement de compte avec le l'investigateur du complot et une fin ouverte.
Tome 13 est un dossier où tous les acteurs de la série, même ceux qui y sont passés une case est fiché, répertorié à la CIA. Amusant.
J'ajoute pour terminer, que lire les 13 premiers tome est suffisant. Les numéros suivants, à une exception près, sont davantage des commandes pécuniaires de l'éditeur selon moi. Il est intéressant par contre de choisir les épisodes de XIII mystery où il est question de la biographie de personnage secondaire.

vendredi 29 juillet 2011

méthode de travail



Je ne suis définitivement pas quelqu'un de minutieux. Voici un premier jet de travail pour la prochaine page à venir. Ce que j'aime le plus c'est de construire la page. Ici, j'amène la musique par une vague qui traversera la page puisqu'elle traverse la vie du héros. Elle presque terminée...

croquis star wars

Je m'amuse encore à croquer des personnages de cette série culte que j'adore.

mercredi 20 juillet 2011

Chronique BD: Mademoiselle Else

Me revoilà dans ce cercle de lecture au moult suggestions qu’est le la BD du mercredi selon les bons copains de Mango. Cliquez sur son nom pour consulter! Tant qu’à vous faire visiter des pages intéressantes, je vous invite également chez Orbie qui a eu la gentillesse de me prêter cet album.
Manuele Fior est gagnant de l’album de l’année à Angoulème avec 5000 KM par seconde. Étant un peu déçu par ce lauréat, j’ai voulu savoir ce qu’il avait fait avant. Voici donc Mademoiselle Else. Il s’agit ici d’une adaptation d’une nouvelle d’Arthur Schnitzler.
Mademoiselle Else se la coule douce dans une villa italienne lorsqu’elle reçoit un télégramme de sa mère lui expliquant que son père est encore pris à la gorge et qu’il a besoin d’argent pour éviter la prison. Elle devra en demander au riche marchand d’art, monsieur Von Dorsay. Celui-ci accepte en échange de la voir nue pendant 15 minutes. A ce moment, la descente aux enfers commence.
L’auteur dessine les ambiances de cette riche villa à merveille. Les décors sont sobres mais efficaces. Ces personnages, ressemblant à ceux des affiches de chocolat français du début du siècle dernier mêlé aux femmes de Gustav Klimt servent admirablement bien le propos et l’époque du récit. Il faut prendre attention aux bouches qui, excusez le jeu de mot, parlent beaucoup et transposent l’émotion. Son cadrage est également soigné. Les cases se tordent, les plans se rapprochent afin de créer un suspense palpable.
Manuele Fior joue avec la narration d’une façon extraordinaire. Les cases et les phylactères expriment la luxure, la bienséance et les boniments d’usages dans une riche société des années 20. Entre ces cases, on peut lire ce que pense l’héroïne. Le décalage est frappant. Surtout que les bonnes manières et l’apparence deviendront un ennemi terrible à cette jeune femme prise au piège.Mais dans sa tête, les questions se posent, les insultes fusent, sa stratégies est pensée et celle des autres décortiquées. Elle est comme un animal. Son imagination n’a d’égal que son désarroi dans cette lente, mais stressante psychose. «mon père en vaut-il la peine ? Comment peuvent-ils me demander une telle chose ? » Parfois, dans des teintes différentes, sur quelques pages on peut voir ses projections face à ce dilemme à cette situation. La fin de cette spirale éthique et familiale est totalement inattendue et délicieuse.
La question se pose. : Le jury d’Angoulème aurait-il regretté de laisser passer cette BD et aurait donné le prix à la suivante du même auteur peu importe la qualité de la dernière?

samedi 16 juillet 2011

croquis en famille!

Je dessinais des personnages de Star wars pour m'amuser un peu et mon fils de 7 ans a voulu s'y mettre lui aussi. Il a écrit son nom pour qu'on reconnaisse qui dessine quoi.

mardi 12 juillet 2011

Chronique BD: Bones

La série BONE de Jeff Smith est une des rare série que je possède dans ma bibliothèque scolaire sans l'avoir lue. Depuis 3 ans, les élèves qui ne l'avaient pas lu partaient avec en vacances avec une liste à qui la prêter et qui la ramène en septembre. Cet été, elle était disponible, j'ai mis mon nom!
Bone est une série très bon enfant. Les méchants n'ont pas l'air trop méchant et les combats ne comportent pas de scènes violentes. Il s'agit ici d'un pur divertissement.
Trois Bones, ces petits personnages dérivés d'un os arrivent dans une vallée où l'ordre est menacé par une bande de Rat-Garous dirigé par un être capuché aux intentions sombres. Le plus gentil se lie d'amitié avec une jeune fille et sa grand-mère. Chacun aura un rôle à jouer dans cette saga de neuf tomes qui aurait pu se dérouler en 5. Les rebondissements se ressemblent trop souvent et deviennent parfois redondants. Capture, évasion, capture, évasion... De plus, le grand Roi des Rat-Garous est tourné en bourrique un peu trop facilement. Cette ennéadre permet par contre de bien développer les intrigues secondaires et d'étoffer des personnages savoureux. Lucius, le tenancier de la taverne est un exemple, sa loyauté et son sens du devoir sera prouver tout au long du parcours.
Il faut avouer que l'auteur américain est scénariste et illustrateur, ce qui n'est pas négligeable. Ses dessins sont waltdisneyéens, laqués, bien ronds et les couleurs à l'ordinateur rajoutent à l'ensemble une harmonie agréable à l'oeil. Ses hommes paysans, bourrus, rustres sont splendides et très crédibles. Thorn, son héroïne par contre, est dessinée à l'occasion avec certaine maladresse. La beauté féminine est si complexe dans sa magnificence! Finalement, ses trois Bones, personnages plus simples offrent un amalgame d'émotions intéressantes, voire même rigolotes.
Le thème "lecture d'été" est sujet à questionnement. Mais si on y pense à divertissement agréable, lecture fluide et progression d'intrigue tenue sans trop se casser la tête dans un ensemble cohérent. Voilà qui est fait.

chronique BD: Tony Chu, Détective Cannibale

Cibopathe... Cibopathe! C'est avoir la faculté de connaître l'histoire totale d'un aliment lorsqu'on le goûte. Passé, émotions, anecdotes, vécus, rencontres, tout. Pour un détective, les réponses s'offrent sur un plateau d'argent. Encore faut-il goûter les cadavres! Même si ces derniers ont été retrouvé longtemps après leur mort...
Tels des Kick ass, Wanted et autres nouveaux héros de la BD américaine, Tony Chu est un comic book à l'humour corrosifs. Le scénario à l'intrigue solide est truffé de blagues salaces, de chutes éclatantes et de répliques "rentre dedans". L'art de se mettre les pieds dans les plats est pratiqué de main de maître par Tony Chu, qui pourtant est si sympathique.
Le dessin de Rob Guillory est complet, ses décors sont pleins et les scènes comprennent de petits détails qui offrent un niveau de lecture supérieur. Il se surpasse dans les scènes de combat où il n'hésite pas à tricher les lois de l'anatomie afin de suggérer les émotions et surtout amplifier le mouvement et l'action. Dans cet ordre d'idée, lui et son compère se frottent à une groupe de ninjas qui regretterons de les avoirs rencontrés. Pour notre part, on ressort de cette scène satisfait d'avoir lu un combat incroyable et d'avoir, en plus, esquissé un sourire.
En fait, pour résumer ce premier tome, je dirais: violence esthétique, enquête criminelle, humour noir et surtout plaisir de lire.