mardi 8 mars 2011

Chronique BD: Chroniques sauvages, Teshkan

Enfin le retour du Québécois François Lapierre au commande d'une bande dessinée. Malgré les incursions extra-terrestres, j'aimais beaucoup Saga-Nah et j'étais déçu lorsque les éditions Soleil l'on abruptement interrompue.
Les légendes amérindiennes demeurent un terreau fertile pour le jeune coloriste favori de Régis Loisel. Teshkan est un jeune indien qui doit partir en excursion afin de ramener une robe noire qui délivrera sa tribu de la malédiction.Son périple sera parsemé d'embuches.
Il n'y a pas de temps mort dans cette histoire et les rebondissements vous frappent sans crier gare. Nos émotions et nos prédictions valsent d'un coin à l'autre sans se tenir un instant la ligne. On termine la lecture de cette bande dessinée presqu'essouflé. Le tome 2 de cette série chronique sauvage est annoncé, mais le premier opus se suffit à lui-même.
Évidemment, François Lapierre y ajoute sa signature colorée. Il m'a déjà confié, il y a longtemps, qu'il produisait ses couleurs à l'ancienne avec un pinceau sur une toile à côté, qu'il numérisait ses teintes et couleurs et qu'il utilisait la nouvelle palette de sa création sur photoshop. Bref, il combine le meilleur de deux mondes. Outre la couleur époustouflante, son trait anguleux et ses formes tirant légèrement sur le dessin animé donne à cette BD un richesse incroyable.

samedi 5 mars 2011

Chronique BD: Sillage

Bon, j’entends déjà les « pouah ! la série commerciale ! » Je tiens tout d’abord à dire qu’il n’y a pas à priori de bonnes ou les mauvaises catégories de BD. Qu’un livre s’adresse à n’importe quel public, s’il me divertie et me procure un certain plaisir de lecture, j’embarque. Ce à quoi je « débarque » justement est cette guerre de clan qui divise tout type d’art selon un loi bien idiote qui dit que lorsqu’un artiste plait au grand public et devient rentable, il devient mauvais.
Fini mon apartheid.
Sillage est une série de science fiction dont l’héroïne est la dernière humaine qui voyage dans un immense convoi intergalactique. Son statut de race menacée lui donne une préciosité dont elle abuse par son caractère explosif et ses aptitudes à se mettre les pieds dans les plats. Encore une fois, la science fiction est propice à une critique sociale des plus virulente et ouvre des débats éthiques de grandes envergures ce qui confère un deuxième niveau de lecture à cette BD jeunesse.
En moins de deux semaines, j’ai lu les 13 premiers tomes de la série Sillage. Mes préférés sont les tomes 5-7-11 et 12. Commençons par Buchet, le très généreux illustrateur. Ses pages sont gorgées de détails tout en gardant une belle fluidité. En science fiction, il est difficile de se démarquer des codes trop connus en matière de vaisseaux et d’extra-terrestres. C’est justement là sa force. Son dessin est très crédible. Les scènes de foules sont délectables et les équipes de commandos sont formées judicieusement de par des physionomie typés. Que ce soit par les yeux, le corps, les bras ou leur habileté, ou même leurs us et coutumes, les personnages sonnent vrais. Le peuple de Rib-wund en est un exemple. Par ailleurs, ses vaisseaux ont toujours cette assymétrie qui étonnent et amusent. Encore une fois, les scènes de convoi, sont délectables.
Jean-David Morvan, qui pourtant ne se concentre pas que sur cette série, est extrêmement consciencieux. Je vous dirais que son principal talent est de nous faire aimer Navis, son héroïne prétentieuse et caractérielle. Navis évolue. C’est la toute sa richesse. Habituellement les héros sont soumis à de grands évènements et à de grandes machinations, bref de grands traumatismes, ils s’en sortent toujours indemnes. Navis est davantage comme nous, suite à de telles aventures, elle se désabuse, se décourage et perd confiance dans les relations avec les autres. Une petite erreur de jugement la rend même responsable de la mort de plusieurs milliers de civils. Elle s’enfonce. En tant que scénariste, Morvan ne se laisse aucune porte de sortie en descendant aussi loin, aussi creux. Voyant son histoire prendre de tels tournants, on peut s’attendre à n’importe quel dénouement de sa part. Ça c’est excitant !

jeudi 3 mars 2011

chronique BD: Pluto

Je sais qu'il ne faut pas tout prendre ce que les critiques disent. Néanmoins, j'apprécient leurs opinions afin d'allumer chez moi de petites lumières. Le tome 5 de Pluto est déclaré meilleur Manga par l'ACBD en 2010 et le tome 6 est dans la sélection d'Angoulème 2011...

Pluto est une enquête policière. Gesith est un robot enquêteur qui doit résoudre le mystère d'une série de meurtres reliée autour d'une idée anti-robot. Les robots les plus connus de la planète sont menacés, même Astro, que l'on voit sur la couverture du tome 2, n'est pas en reste.

Le concept nous provient justement d'une histoire de l'inventeur du personnage, Osamu Tezuka. (voir le tome 6 d'Astro, le robot le plus fort du monde.) L'auteur, Naoki Urasawa, bien connu pour son excellente série, 2oth century boy, ne pouvait passer sous silence en 2003 la naissance "imaginée" d'Astro par le plus grand mangaka de l'histoire et surtout son idôle de jeunesse: Tezuka. Il décida donc d'y consacrer sa propre adaptation ce qui nous donne les 8 tomes de la série Pluto. (veuillez noter que le 7 et 8 ne sont pas encore arrivés au Québec)

Pluto joue avec les concepts de racisme sur le monde des robots comme l'a fait Azimov et comme le faisait également Tezuka. La célèbre LOI qui impose aux robots de ne pas blesser ni tuer un homme est mise en doute dans ce polar. Naoki Urasawa s'approprie bien l'univers graphique de Tezuka. On peut voir son Astro qui est différent, mais les personnages secondaires, comme le professeur et l'inspecteur de police sont reconnaissables bien qu'ils n'apparaissent peu. Urasawa a le sens du suspens et sait doser les indices afin de nous pister sans trop nous en dire. Il nous montre juste un peu la menace, elle se concrétise, mais reste mystérieuse parce qu'on ne la voit pas complètement. Il ouvre des pistes qui semblent nous mener sur de drôles de sentiers mais sait magnifiquement bien les raccorder. Un thriller policier bien construit et un dessin des plus efficace qui nous prend aux tripes. À consommer d'une traite!
voir la bande annonce sur youtube: http://www.youtube.com/watch?v=qsyiHVHxgZk

samedi 5 février 2011

Chronique BD: Le garçon qui ne croyait plus au Pèr Noël

J'avoue qu'être en Europe je me serais délecté de cette lecture dans le temps des fêtes, mais étonnement, le dernier Guillaume Bianco se consomme bien à l'année malgré son titre le garçon qui ne croyait plus au Père Noël.
J'étais heureux de retrouver ce cher Billy qui n'a rien réglé avec la mort de Tarzan. Bien que l'histoire soit bonne, la force de ce livre se retrouve davantage dans de petits détails parsemés à l'oeil désireux d'en dévorer toujours plus.

Graphiquement, ses planches en contre jour sont sublimes, ses petits éléments en arrière scène amusent la deuxième lecture. De plus, son coup de crayon, ses hachures et ces teintes de noires enveloppent le lecteur afin de le plonger dans une ambiance digne des idées noires de Franquin, fatalité en moins, bonhomie en plus. Il faut lever le chapeau à la collection métamorphose qui font de leur livres des objets d'oeuvre d'art tellement ils sont beaux.

On retrouve aussi de jolis poèmes morbides ou noirs, on retrouve aussi le croque mitaine, personnage si bien défini et une nouvelle venue, toute mignonne dont je vous garde la surprise. Surtout, surtout, on retrouve l'essence du succès de cette série: une espèce de torsion, de déchirement de sentiments difficiles à vivre. Les relations amour/haine, la jalousie, l'inquiétude, l'angoisse, les pertes de repères, les peurs... tout ce qui peut alimenter vos cauchemars sont non seulement présents mais présentés à coeur ouvert.

Une série qui promet donc car Billy n'est pas au bout de ses peines!

mercredi 2 février 2011

angoulème 2012

Cette année, j'ai encore passé mon tour mais l'an prochain, plus d'excuse, je ferai les 24 heures d'Angoulème.

mercredi 19 janvier 2011

mardi 18 janvier 2011

Chronique BD Le juge Bao

La bande annonce sur BDGEST avait vivement attirée mon attention par son graphisme. Le dessin très réaliste, on dirait même réalisé d'après photo, le côté "il-me-manque-une-photo-et-j'essaie-de dessiner-mais ça-décale-trop" en moins. J'adore l'effet créé par les traits hachurés dans les zone noires. Bref esthétiquement, c'est sans reproche. Le format à l'italienne invite aussi par son originalité.

Le juge Bao est un personnage réel ayant existé en Chine sous la dynastie des Song du nord (960-1126) C'était un homme juste, sévère et loyal. Sa réputation s'est rendue jusqu'à aujourd'hui. Le scénario de ce premier tome est intéressant, il doit mettre de l'ordre dans un village corrompu. Bien que certaines intrigues soient soutenantes, l'ensemble reste relativement convenu. Ce n'est pas décevant, mais pas déroutant du tout.


Outre un visuel saisissant, l'aspect historique est très riche. Tant par les costumes ou décors que par les us et coutumes, une recherche approfondi semble avoir été faite. On y apprend entre autre que le principe de corruption municipale révélé au Québec par les temps qui courent ne date pas d'hier...

jeudi 13 janvier 2011

Chronique BD Magasin Général


Il est certain qu'on peut se délecter l'âme plus légère de cette bucolique série depuis que l'ami Régis a promis qu'elle se terminerait au tome 8. En constatant la profondeur des personnages et des relations qui les relient, on ne pet imaginer cette série en trilogie tel qu'annoncée.
Le trio si créatif, ai-je besoin de rappeler que Régis Loisel crayonne, Jean-Louis Tripp encre et François Lapierre colore, offre encore une fois une ambiance et des décors enchanteurs. Les forêts sont superbes, Loisel étant allé à la bonne école avec la Quête. Certaines cases dégagent presque une odeur de sous-bois. Le Montréal de l'évasion de Marie est aussi très joli, très idéalisé. C'est d'ailleurs le seul reproche que je peux faire à cette série, son surplus de bonheur. Même l'expédition en canot pour aller sauver un bucheron de la mort après une rencontre avec un ours ferait rêver n'importe quel agence de touriste. (voir la couverture) La misère de cette époque est effacée par une belle vague de traditionalisme québécois. Mais bon, peut-on reprocher à un livre de procurer du bonheur? Parlant de bonheur, je ne peux passer outre les dialogues adaptés par Jimmy Beaulieu, ses Tabarnouche de tabarouette, de tôrieux donne une crédibilité et une agréable touche de folklore.

La question que tous se posent... Non, la sauce n'est pas si étirée, l'intrigue progresse bien, on avance, la fin approche.

mercredi 12 janvier 2011

Chronique BD: Château de sable


Il n'est pas facile pour moi de faire la chronique de ce livre. En même temps, il est de ces lectures qu'on ne peut pas passer sous silence.

Frédérick Peeters est un auteur que j'adore pour son côté innovateur, son Pilules bleues reste un de mes albums préféré à vie.

Je ne commettrai pas le sacrilège d'entrer trop dans le scénario, je ne voudrais vous vendre aucune information avant la lecture. Je peux par contre vous dire que les personnages sont bien campés, en un seul tome, puisqu'il s'agit d'un one shot, on cerne des personnalités, des caractères immédiatement. Peeters à le chic de faire naître en nous une biographie complète avec la première apparition d'un protagoniste dans une case. Je vous dit simplement que cette histoire paranormale fait ressortir la face cachée de chaque acteurs de ce huit clos où la crédibilité réussit à prendre sa place dans un monde tout à fait impossible. Selon moi, cette BD est meilleure que Pachyderme, aussi bizarre, mais plus facile à suivre. Dans Pachyderme le côté onirique nous permettait d'avaler toutes les incongruences. Dans château de sable nous sommes dans le réel, les mêmes incongruences sont donc tellement plus décallées. Le scénario est de Pierre Oscar Lévy un cinéaste qui en est à ses premières armes en BD.

Graphiquement, Frédérick dessine des gens vrais, crédibles auxquels les personnalités collent. Il garde ses petites scènes micro qui passent presque pour de l'abstrait, signature qu'on lui reconnait bien qu'elle ne m'émeut pas autant qu'elle le devrait.