mercredi 6 juillet 2011

chronique BD: Nausicaa

J'ai acheté le tome 1 de Nausicaa il y a quelques années, une nouvelle édition en blanc et brun. Je dois dire que j'ai toujours adoré les films de Hayao Miyazaki: la princesse Mononoké, Le voyage de Chichiro, le tombeau des Lucioles ou voir avec mes enfants le sympathique Totoro. J'ai vu le début de Nausicaa chez un ami, il y a plus de dix ans. Enchanté par ce manga, je cours acheter le tome deux. J'avais le choix entre l'ancienne ou la nouvelle édition, J'ai pris l'ancienne bien sûr! Je tombe sous le charme. Je veux immédiatement les 7 tomes! Je me l'ai suis commandés, mais le libraire a omis de me dire qu'il n'avait pas le tome trois... Enfer et putréfaction! J'ai fait toutes les librairies en lignes du Québec, multiplier les téléphones, fouillé les usagers, rien, nothing, niet, nada. Le tome 3 est en ré-impression depuis deux ans... Cette année, à Pâques, est-ce un miracle, sort enfin le tome 3. Ça y est, je me lance!

Nausicaa est une jeune Princesse aimé de tous les habitants de la vallée du vent. Elle a la capacité ou plutôt la sensibilité qui lui permet de sentir le vent, les plantes et les animaux, particulièrement les insectes géants. Son modeste royaume est situé entre deux pays en guerre sur le bord d'une forêt au pollen toxique qui grandit constamment, appelée la mer de la décomposition. Tiraillés par la haine, les peuples ne se comprennent pas, Nausicaa sera en quelques sortent une pacificatrice. Pour elle, la race, les clans, végétal ou animal, tous méritent de vivre.

la série Nausicaa prend rapidement l'allure de récit messaïque, guidée par une prophétie qui l'attendait. La jeune héroïne y fera plusieurs rencontres où elle influencera la destinée du monde (rien de moins) Comme d'habitude, le personnage de Miyazaki est d'une bonté sans limite. L'auteur garde les thèmes écologique et bêtise humaine en toile de fond, prétextant que l'esprit de la forêt se venge des hommes afin de tout éliminer pour recommencer à neuf.

Les dessins de Miyazaki sont merveilleux, ses scènes de forêt sont pleines de détails. Les omus, insectes mystiques très présents sont vivants. Il dessine les déplacements et leur émotions d'une façon remarquable. Ses soldats moustachus se ressemblent un peu par contre. Mais l'univers intemporel qu'il crée est solide, les bâtiments, les scènes de paysans, les temples, tout semblent exister pour vrai. 7 tomes de près de 130 pages, il y a des petites longueurs, même si la conclusion est attendue, le jeu en vaut la chandelle.

mercredi 15 juin 2011

Chronique BD: La grand vide d'Alphonse Tabouret

À chaque fois j'en suis renversé! Comment un auteur de BD peut faire si joli, si réussi avec si peu de traits? Son personnage est créé d'une boule pour la tête, un rectangle noir pour le corps, deux petits traits pour les jambes et de longues lignes pour les bras! Ses lignes de bras, de simples lignes qui expriment tellement bien les émotions et les états d'âme. Ses lignes dansent et évoquent. Évoquent tant. Donc un dessin naïf, qui semble sortir tout droit d'un napperon de restaurant ou de marge de bottin téléphonique prend vie sous nos yeux et crédibilisent un univers entier. À chaque fois que je tombe sur ce genre d'OVNI, j'en reste pantois, amoureux. En plus l'objet est beau!

Merci Orbie qui alimente mon imaginaire par ses prêts judicieux.

L'histoire est magique. Alphonse Tabouret vient au monde avec un grand monsieur. Ce grand monsieur le quitte et notre Alphonse doit se débrouiller seul. Apprendre la vie en rencontrant diverses situations et personnages. Il s'agit d'une récit complet. Cette fable philosophique, écrite par un trio d'adulte semble tout droit sortie de la tête d'un enfant de 5 ans. C'est ce qui est fascinant: toute la naïveté, la légèreté et l'émerveillement face au monde d'un jeune enfant avec l'intelligence narrative de l'adulte. On est donc ému, questionné, bercé à travers ce conte qui aurait pu prendre toutes les directions, mais qui finalement en prend une, une bonne.

BDgest offre quelques pages en guise d'ouvre-appetit: à voir!

Chronique BD: Reconquêtes

Trois peuples s'unissent contre l'ennemi. Trahison, suspicion, manigance sont au rendez-vous dans ce premier tome qui met bien la table, mais offre peu à manger. La dernière page laisse entrevoir un tome 2 plus intense. Il faut dire qu'il y a beaucoup d'informations utiles au bon déroulement futur données dans le tome 1, même si les noms appropriés au contexte sont parfois confondants. Sur une série complète, ce type d'album est plus digeste. Comme le disait l'ami PG, ils ne peuvent tous s'appeler Juliette et Tom!


Ce qui fait la force de cet album, c'est que François Miville Deschênes s'offre le plaisir de colorer lui même son album et ce à l'ancienne! Le talent de cet illustrateur Gaspésien me dépasse. Un vrai virtuose. On peut, sans nécessairement relire, re-regarder les planches de François. Les décors sont magnifiques, les ciels comme les forêts. Les personnages hyper-crédibles dans des positions qui expriment le mouvement donne vie à l'album. On sent le plaisir qu'il a en dessinant les animaux; ours, chevaux, éléphants. Il faut prendre le temps aussi de regarder les accessoires, colliers, costumes, armures, tout est réfléchi, recherché en restant harmonieux et fluide. On remarque également, expérience oblige, une sens de la mise en scène plus aiguisé, son découpage et sa liberté avec les case sont efficaces. Graphiquement, c'est la perfection en matière de dessin réaliste.

On ouvre l'histoire sur des fugitifs dont une qui a les seins nus, un des trois peuple est composé de femme aux seins nus, le cadeau d'hôte offert au roi est une groupe de femmes aux seins nus, lors de bagarre, le premier vêtement à tomber nous donne des seins nus, la cérémonie d'avant guerre se fait avec le sacrifice d'une femme aux seins nus accompagné des prêtesses qui dansent les seins nus. Devinez qu'est-ce qu'on retrouve en arrière plan dans les scènes de tavernes, de trônes, de repas? Je crois que l'illustrateur assume ses préférences en matière de dessin anatomique... Je lui pardonne, car c'est très bien dessiné et aussi parce qu'il m'a ramené sa BD en version tirage limité de France 3 mois avant sa sortie au Québec...

mardi 7 juin 2011

Chronique BD: Coeur de glace

Tout d'abord, il faut connaître ce conte d'Andersen où ces deux enfants sont séparés par une reine de glace qui donne froid dans le dos. La pauvre petite Gerda, au nom de leur amitié, retrouvera et ramènera son bon copain Kay qui ne la reconnaissait même plus. Je crois que ce conte est moins populaire par son côté légèrement effrayant, la reine des glaces est d'une cruauté sans borne et la perte totale de mémoire questionne trop les jeunes enfants.


Ensuite, il faut connaître Marie Pommepuy, celle qui a écrit jolie ténèbre l'histoire de cette communauté qui vivait dans le cadavre d'une jeune fille perdue en forêt!?! Cette même géniale scénariste complètement déjantée décide ici de réécrire le parcours de la douce petite Gerda. Bonté d'âme, innocence, méchanceté pure, se mêlent dans les rencontres tous les plus étrange les unes que les autres dans cette quête où même le temps ne semble pas suivre le réel. En entrant dans cette BD, on entre carrément dans le rêve, il y a un fil conducteur, mais les rebondissements sont tellement inattendus, c'est jouissif! De plus, les personnages rencontrés sont complexes pour ne pas dire tordus et agissent selon leur logique qui est loin de la nôtre. Ce qu'ils font ou pensent se tient selon leur personalité mais nous paraît insensé. On a le goût de s'adresser aux personnages, de leur dire " non, ne va pas ... ne reste pas là " c'est donc très crédible malgré une totale invraisemblance. Cette dualité est un vrai régal!

Côté illustration Michel Pion est plus qu'efficace. Certaines pages où il n'y a pas de case augmentent l'aspect cauchemardesque de ce récit. Les scènes avec la jardinière sont marquantes, les embranchements et les racines mêlé à ces horribles plantes n'est pas à montrer aux enfants. Son trait me fait penser à du Rosinski du temps du cycle de Thorgal. C'est selon moi une comparaison très flatteuse.

Assis au bord de la mer avec les vagues en trame sonore, j'ai fermé cette BD en réalisant que j'avais cessé d'exister pendant près de 70 pages, satisfait d'avoir vécu hors du temps, plongé dans une histoire qui se termine aussi bizarrement qu'elle s'est déroulée. Je dis alors bravissimo!

mardi 31 mai 2011

chronique BD: 5000 kilomètres par seconde

Avec les romans pour les prix des libraires, avec les films pour les Oscars, même avec les vins comme mon Australien Shyraz qui a gagné tant de médailles, les prix attirent et doivent faire mousser l'oeuvre. Cinq mille kilomètres par seconde est le meilleur album de l'année selon Angoulème! On ne laisse pas ça sur une tablette!.
Je dois avouer que j'ai été quelque peu déçu. Les couleurs sont belles. L'auteure, Manuelle Fior choisit des teintes pour des séquences complètes. Elle nous donne ainsi l'atmosphère, l'ambiance du récit. La scène d'ouverture dans une Italie de canicule donne chaud. Ses dessins, très artistiques ne sont pas toujours justes et détaillés, les formes sont là, mais ce qui compte davantage pour elle est l'expression et le langage des corps. Ce qu'elle maîtrise à merveille.
Là où le bat blesse c'est l'histoire. Une jeune femme aime un jeune homme qui a un ami exubérant. L'ambivalence de son choix entre les deux Roméo dure un vie même si elle en choisit un tout autre. Liaison amour-travail, respect de l'autre en couple et dépaysement pour l'être choisi sont les trois (!?) mamelles de cette histoire qui est un peu trop bleuette à mon goût. J'ai adoré Pilules Bleues et l'histoire d'hiver de Graig Thompson. Il y a de la place pour les histoires d'amour dans ce monde très masculin qu'est celui de la BD, mais pas pour les Harlequins.


lundi 30 mai 2011

Chronique BD: Blast

Lorsque Larcenet se plonge dans son oeuvre, lorsqu'il veut vraiment créer la grandeur, ça se voit. J'aime ces petites envolés, j'adore ses recueils de blagues. Mais Le Combat ordinaire fait partie de mes bandes dessinées préférées à vie. BLAST se veut aussi grandiose. Étant moins fan de policier, cette quintologie ne dépassera peut-être son prix d'Angoulème dans mon coeur, mais j'avoue qu'il se dépasse en tant qu'artiste et que cette série s'inscrit déjà dans ses livres phares à vie.


Le personnage principal, Mancini est un gros dégueulasse, qui a quitté sa vie, qui erre qui se défonce, qui se détruit qui se suicide à moyen terme. Enfermé au poste de police, il raconte son périple, onirique selon lui à la recherche de ses moments intenses de perdition, ses summums de profondeurs et d'altération de conscience qu'il nomme BLAST. On le sait meurtrier d'une jeune femme et on vit avec les enquêteurs dans sa narration l'escalade ou la chute qui a mené à son crime.


Mancini, obèse dégoutant se saoule, se drogue, se blesse, vole, saigne et vomit mais étonnement, on suit l'histoire de ce meurtrier en s'y attachant comme si sa quête était sensée, voire juste ou plutôt justifiable sur.

Outre un scénario qui avance à pas feutré, prenant, intriguant, Larcenet nous offre des personnages étoffés, profonds, à qui on peut imaginer un passé ou un futur simplement en voyant leur présent. Cette perception crédibilise l'histoire pourtant tellement loin de nos vécus. Il peut construire, chaque tome fait 300 pages. Il prend d'ailleurs le temps de nous faire construire un autre type "sympathique", Saint Jacky un dealer qui fait sa loi, sa religion.

Graphiquement, je parle ici de maîtrise absolu de son style en retenant le mot chef d'oeuvre. Ses noirs, ses zones d'ombrages sont magnifique par leur lourdeur. les scènes de pluie donnent froid. Ses plans donnent tellement de rythme aux pages, qu'on pourrait les qualifier de musicales. Lorsque les BLAST arrivent, des dessins d'enfants en couleur apparaissent dans ce récit noir et blanc foncé. Mystérieux, naïfs mais plein de sens, ses petits dessins donnent un aperçu de ce que peut être un BLAST, l'ambiance est parfaitement réussie, beau et effrayant. Finalement, il revient avec un symbole qu'il chérissait au début de sa carrière, les immenses sculptures de l'île de Pâques. Aussi grosses, massives, envoutantes et incompréhensibles qu'est son héros.

Lorsque les 5 BLAST seront sortis, je peux déjà affirmé que cette série sera un incontournable du 9e art.

jeudi 26 mai 2011

Chronique BD : cul de sac

J’avoue avoir mordu à l’hameçon Préface de Bill Waterson en prenant cet étrange bande dessinée. Mais quel OVNI !
Tout d’abord un dessin aves des lignes claires sur lesquelles on a superposé de petites hachures, des traits étranges, presque sales ce qui accentue l’effet sordide de l’humour pince sans rire de Richard Thompson. Parfois noir et blanc parfois couleur.
Ce dernier joue avec les malaises en abordant des thèmes délicats de façon désabusée. Les membres de la famille centrale de l’histoire n’hésitent pas à souligner les névroses des autres. Le personnage du Hamster joue sur la limite de sa crédibilité par le fait qu’il est un hamster qui parle. Les parents dépassés sont le sujets de conversation des enfants qui philisophent sombrement. Bref plusieurs sujets de société sont traités avec ironie et sarcasme. Un peu impuissant devant la profondeur du sujet, j’ai préféré vous mettre une planche plutôt que la couverture.
Excusez l’expression, mais c’est délicieusement weird.

page 5

La prochaine page et les suivantes, place à ce pauvre Renono...

vendredi 6 mai 2011

page 4 prise 2!

j'ai corrigé la bulle, mais j'Ai voulu faire de trois pages deux, et j'Ai trop coupé, je ne me rappelais plus ce qui allait là... OUf beoin de sommeil?!?!