vendredi 4 juin 2010

Chronique BD: La fille invisible


J'avoue qu'au début du livre je trouvais l'intention pédagogique trop présente. Avec l'autocollant de l'hôpital Ste-Justine et la mention de collaboration d'un docteur... Ça sent le livre d'école! Une jeune journaliste va voir un médecin spécialiste en troubles de la conduite alimentaires afin de faire une entrevue sur l'anorexie, on voit venir le sujet assez facilement.
Puis finalement, on se laisse embarquer, l'histoire en trame de fond enveloppe assez bien le sujet pour rendre la BD appréciable. On se retrouve dans une bluette comparable à ce qu'on voit habituellement en BD avec un outil de sensibilisation à la clé.
Ce qui fait surtout la force de ce bouquin c'est le travail admirable de Julie Rocheleau. Des personnages aux bouilles craquantes, des ambiances révélatrices et une touche de design graphique dans l'éclairage et la mise en texte qui valent le détour. Bref un bon moment de lecture purement québécois mais avant tout un livre que devrait avoir toutes les polyvalentes du Québec.

mardi 1 juin 2010

chronique BD: La visite des morts


Je ne l’avais pas vu venir bien que je fréquente le blog de Philippe Girard, quelle surprise ! Une fable urbaine comme je les aime, avec des personnages crédibles dans leur banalité et si forts dans leur exploits plausibles bien que tellement tordus. Ce qui fait le charme de ce genre de livre, c’est justement que l’histoire pourrait se dérouler près de chez nous, dans mon entourage proche, mais si un ami me la raconterait j’y croirais à peine. Philippe Girard raffine ici son art au plus haut point. Personnellement j’aime mieux la visite des morts que Tuez Vélasquez même si le registre de ton est si différent qu’il rend la comparaison presqu’impossible. Ce qui m’a frappé le plus dans cette BD, c’est la qualité du texte. Son passage à la courte échelle y est sûrement pour quelque chose, les mots sont justes et les phrases amène fluidité et suspense. Je ne peux non plus omettre la qualité de son cadrage, les gros plans de figure son particulièrement efficace.
Bordel qu’ils bons les Québécois

jeudi 13 mai 2010

Chronique BD: la quête de l'oiseau du temps

Ce que j'apprécie dans cette BD c'est qu'au début on précise que la direction artistique est de Loisel. Régis Loisel grand créateur avec Letendre de cette univers fantastique qui a tant influencé le courant heroïc-fantasy. En lisant l'avant Quête de L'oiseau du temps on ne peut que replonger dans cette espèce de nostalgie si forte et si profonde que nous avons vécu en terminant le premier cycle.
Le tome trois, comme le précédent tome trois traite de ce personnage puissant tant visuellement qu'émotivement qu'est le Rige. Nous savons que Bragon a été son élève, leur rencontre était donc inévitable. Letendre joue encore avec multiple personnages secondaires intéressants et des situations si crédibles tant dans les auberges que dans les forêts. Mallié assisté de son maître Loisel et de l'excellent coloriste québécois François Lapierre nous donne des scènes de forêt si dense, si majestueuses. Ils créent aussi des personnages aux émotions frappantes et des créatures formidables. Le tout se tient admirablement bien. Il s'agit bel et bien d'une quête, d'une grande quête, de la quête maîtresse du neuvième art.

lundi 10 mai 2010

Chronique BD: L'origine de la vie

Quelle découverte, quelle lecture! L'origine de la vie de Leif Tande est tout simplement magistrale. En près de 400 pages l'auteur nous livre une autobiologie de la molécule originelle, rien de moins que l'histoire de la molécule qui créa le monde. Leif poursuit dans la même veine que son excellent conver(sa)tion, sa quête philosophique et son regard acéré sur notre société. Ce type me surprend par son humour intelligent et raffiné, par de jeux de mots subtils et bien placés par ses blagues absolument drôles. En plus, il le fait en soulevant des questions éthiques, en parlant de relations familiales, relations père-enfant et faisant le tour des grands enjeux de société mais tout en demeurant léger et accessible. La force de Leif Tande se situe dans son équilibre. Bien doser des mots ultrascientifiques afin de donner crédibilité et des mots vulgaire et urbain afin de garder débilité. Mettre en contexte la première molécule qui est seule au monde tout en laissant son fils aller au cegep... C'est là un tour de force incroyable parce que l'ensemble se tient à merveille. Encore question d'équilibre: il jongle avec la type d'écriture une-blague-par-page, tout en instaurant un récit de longue haleine qui empêche le lecteur de mettre le livre de côté pour se garder de la lecture plus longtemps. Il crée un suspens, j'ai refusé d'ouvrir le livre aux pages ultérieures parce que je ne voulait me dévoiler des punchs. Relisez Villégiature, Le palet dégueulasse, conver(sa)tion, Morlac, Danger public, son oeuvre forme un tout qui se tient, son désir de sortir des sentiers battus et de s'auto-faire des jambettes afin de progresser m'amène à l'évidence: Leif Tande est le meilleur bédéiste au Québec! C'est mon opinion et je la respecte.

mardi 4 mai 2010

Chronique BD: Transat

J'ai découvert cette petite BD dans la cave à Rock (mon activité préférée de Livres en fête! 2010). C'est Marsi (Lire son miam miam Fléau) qui m'en a parlée. Il y a longtemps que je n'avais pas lu ce genre de récit intimiste et je crois que j'étais en manque.
Aude Picault y livre une autobiographie relatant un expérience de vie dont la mer joue un rôle principal. Parisienne blasée, elle s'offre coup sur coup deux expériences marines en allant tout d'abord vivre seule sur une île pendant une semaine et s'embarque ensuite dans une croisière atlantique à bord d'un voilier. Son histoire s'imprègne du style de vie propre aux marins, aux bourlingueurs des eaux. On y croise donc des gens aux vécus riches, aux expériences à la fois commune et variées.
Son dessin est minimaliste. Elle sait en quelques traits poser un décor, une émotion, c'est un talent que j'admire. C'est à ce point senti que ses maladroitesses lui sont pardonnées. Lorsqu'elle dessine des pleines pages de décors de mer, surtout la nuit, l'air goûte presque le sel, c'est une beauté à geler toutes les douleurs comme disait Dumas.
Seul petit bémol au niveau de la calligraphie ses q, ses r et ses p sont difficilement reconnaissables ce qui rend parfois la lecture un peu ardue. Sinon c'est une très bonne BD. Je ne saurais dire pourquoi, mais on reconnaît l'écriture féminine dans la facture et c'est une bonne chose dans ce monde si masculin.

jeudi 22 avril 2010

Chronique BD: Spiderman intégrale 1973

Il m'arrive parfois de vouloir mettre mon cerveau à off mais de vouloir tout de même lire. Étant jeune, je me levais à 5h30 pour écouter Spiderman en anglais au 4 même si je le trouvais ridicule lorsqu'il courrait dans le vide. Je n'ai pas été capable de terminer Spiderman 3 lorsque j'ai loué le film DVD... Mais, avouons le honnêtement, dans le monde foisonnant du comic book, Stan Lee est un grand maître. Lorsque je suis tombé sur l'intégrale de Spiderman 1973, année de ma naissance, je l'ai acheté. Réunissant 12 numéros des 12 mois de 1973, ce volume offre des lectures simples concises (un mois à la fois) et divertissantes. Je ne savais pas que c'est en 1973 que la petite amie de Peter Parker meurt, que le gobelin vert se fait tuer, que son fils prend sa place, que le fils de Jamison se transforme en Loup-garou, que Hulk l'emmène au Canada... Bref bien des péripéties et surtout, surtout, les répliques impertinentes qui font la marque de commerce de l'homme araignée. Ajoutons les couleurs criardes de ces fascicules bon marché et nous tombons dans le pur plaisir kitch. Donc, après avoir lu des BD plus complexes, plus poignantes, plus dures cérébralement parfois, je m'offre un gros mashmallow entouré de chocolat et je suis les aventures du spectaculaire spiderman.

dimanche 11 avril 2010

Chronique BD: Franquin, chronologie d'une oeuvre

Les rénovations et la préparation d’une conférence BD pendant l’événement Livres en fête ! ont ralenti mes ardeurs de blogueur. Il faut rajouter que le volume qui fait l’objet de ma chronique est aussi volumineux…
Pour certains, le jeune reporter de la BD qui a bercé leur jeunesse c’est Tintin, et bien moi, c’était Spirou. (Car avec Tome et Janry, Spirou et Fantasio faisait des reportages !) J’ai toujours aimé Spirou et je suis prêt à défendre toutes les équipes d’auteurs qui se sont relayés les 50 albums de la série et les one shot. J’adore ce petit groom.
Nous avons dans cette brique, que dis-je cette bible, une chronologie parfaite de l’œuvre du grand Franquin. A chaque année, de 1948 à 1999, ces réalisations, ses inspirations, ses collaborateurs (car contrairement à Hergé, il avoue la collaboration de ses pairs), ses nouveaux personnages, ses nouvelles séries. Comme on peut le voir sur la couverture, il y a Spirou, vous ai-je dis que l’aimais ?, Gaston, Modeste et Pompon, le marsupilami et le ténébreux épisode des idées noires. En plus d’une documentation riche, de plusieurs citations révélatrices, les dessins inédits, des essais de couverture et des croquis font de ce livre un phare éclairant sur l’œuvre du plus sous-estimé des grands auteurs du neuvième art, qu’est André Franquin.